Récit de mon ascension du Mont Blanc

L’ascension du Mont Blanc,

un rêve…devenu réalité !

 

 

Il y a des moments trop rares dans la vie où l’on voudrait que le temps s’arrête afin de profiter au maximum de l’instant présent….

 

Le vendredi 26 juin 2009, 5 h 35 précisément, a fait partie de ces instants lorsque j’ai atteint le plus haut sommet d’Europe,  le MONT BLANC.

 

La vie est faite de rêves, d’espoir, d’objectifs que l’on se fait à court, moyen ou long terme…..

Lorsque que j’étais adolescent, mes deux rêves les plus fous étaient de courir un marathon et d’atteindre le sommet du Mont Blanc.

 

Mon premier rêve s’est réalisé il y a déjà 12 ans lors du marathon de Lyon, rêve que je continue  « d’entretenir » à raison de 1 à 2 par an en moyenne avec en apothéose le plus célèbre et grandiose, le marathon de New-York que j’ai couru en 2005 (honorable 167° place sur 38 000 coureurs).

 

Mon deuxième rêve a été plus long à se réaliser mais il a cependant été mûrement réfléchi afin de réduire au maximum les risques d’échecs qui sont nombreux dans ce domaine.

Ce rêve est vraiment devenu projet puis objectif lorsque nous avons décidé de faire cette ascension avec mon frère Armand, c’était en 2007.

Nous l’avions programmé en 2008 pour les 35 ans de mon frère, mais un accident de moto en décidera autrement alors ce sera en 2009, le temps pour lui de se refaire une condition physique «optimale ».

Entre séances de VTT, de footing et de sorties hebdomadaires en montagne, il va relever le défi physique et moral…

 

Pour ma part, je n’ai vraiment débuté mes entrainements spécifiques qu’après mon 14ème marathon couru à Annecy le 19 avril. Quelques jours de récupération après ce marathon puis nous avons commencé nos sorties ensemble afin de peaufiner notre préparation physique et tester nos équipements spécifiques. Quelques sorties en Chartreuse nous avaient obligé cependant à chausser les  raquettes  car la neige est tombée en abondance et tardivement cette année. Par la suite, nous avons orienté nos sorties sur glaciers en Vanoise, aux Grandes Rousses où nous avons appris à marcher encordés avec crampons et piolet.

 

 

 

Côté organisation pour réussir notre objectif, nous avions opté pour une semaine « Stage Mont-Blanc » en six jours, stage proposé par la Compagnie des guides de St Gervais. Une préparation physique et technique les trois premiers jours, un jour de repos puis l’ascension du Mont-Blanc au final sur 2 jours.

La période choisie pour cette aventure fut celle où les jours étaient les plus longs, à savoir mi-juin, nous avions donc réservé la semaine du 21 au 26 juin….il ne restait que deux imprévus et pas des moindres, qui aurait pu faire échouer notre ascension : une mauvaise météo et le mal aigu des montagnes appelé « MAM ».

 

Côté météo, le facteur chance joue un rôle essentiel, il faut s’en remettre à l’appréciation des guides qui décident en final d’entreprendre l’ascension ou de la différer…question de sécurité.

 

Le MAM survient à une certaine altitude, différente pour chaque personne, il est complètement indépendant d’un état physique, ce qui signifie qu’il peut toucher n’importe qui, même quelqu’un de parfaitement entraîné...Maux de tête, nausées sont les principaux symptômes conduisant irrémédiablement à l’abandon….A moins d’avoir déjà fait des sommets au-delà de 4000 m  d’altitude, aucune garantie que ce « mal » ne puisse  atteindre les alpinistes amateurs que nous sommes avant l’ascension finale du Mont-Blanc.

 

Samedi 20 juin à 18 heures, prise de contact au bureau des guides de St Gervais où nous avons fait la connaissance de nos deux guides et autres compagnons de stage. Notre groupe, assez hétérogène en âge était composé de quatre jeunes de moins de 25 ans : Pierre Yves, Benoit et Cécile (qui sont frères et sœur) et Julien ; deux hommes de plus de 60 ans : Philippe et Michel que nous avions surnommé les « papys baroudeurs » et quatre personnes autour de la quarantaine : Bernard, Jean-Paul, mon frère et moi.

L’âge n’est cependant pas un critère déterminant, nous savons tous qu’une bonne préparation physique peut largement compenser le poids des années, surtout pour une épreuve d’endurance comme celle-ci !

 

Dimanche 21 juin, début du stage, cette première journée était consacrée à une initiation à l’escalade sur falaises naturelles, entrecoupée par un barbecue très apprécié au déjeuner puis une nuitée au refuge de Tré-la-Tête (1970 m d’altitude).

 

 escalade Th descend zoom 2

                                           La descente en rappel : une première pour moi ! 

 

Lundi 22 juin, initiation à la randonnée glaciaire sur le glacier de Tré-la-Tête puis seconde nuitée en refuge, celui des conscrits, à 2602 m d’altitude. Côté météo, ces deux premiers jours n’ont pas été terribles, le brouillard nous ayant empêché d’admirer les paysages, il aura fallu attendre le lundi soir pour apercevoir un rayon de soleil et quelques sommets...

Heureusement nos deux papys baroudeurs ont mis de l’ambiance au sein du groupe malgré les premières douleurs musculaires ou tendineuses pour certains !

 

Démo sauvetage galcier TréLaTête

                                     Apprentissage de la chute sur glacier et  techniques d'arrêt

 

Mardi 23 juin, les choses sérieuses commencent, lever à 4 heures du matin pour faire l’ascension de la Bérangère, un sommet culminant à 3 400 mètres d’altitude en guise d’entraînement avant le Mont-blanc afin de tester «  grandeur nature » notre matériel et notre condition physique. La première bonne nouvelle pour cette troisième journée de stage fut l’amélioration remarquable de la météo, des conditions idéales et rares selon nos guides.

Un ciel étoilé au départ, un lever de soleil magnifique lors de notre pause avant l’ascension finale et des vues époustouflantes au sommet sous un soleil radieux, quel bonheur ! La deuxième bonne nouvelle fut la facilité avec laquelle nous avons réussi, mon frère et moi, cette ascension : aucun problème physique, pas de soucis majeurs côté matériel, nous avions réussi notre première étape « préparatoire » !

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                                                     Au sommet de la Bérangère (3400m) 

 

Mercredi 24 juin, une journée de repos qui a permis à quelques personnes du groupe de soigner quelques douleurs ou blessures et surtout pour tous de récupérer physiquement avant l’ascension du Mont-blanc…

 

Jeudi 25 juin, le groupe avait rendez-vous au petit matin devant la gare de Saint Gervais. Un funiculaire appelé « TMB » (Tramway de Mont-Blanc) doit nous emmener à notre point de départ, le Nid-d’Aigle, à 2400 m d’altitude.

Cécile, la jeune fille de la fratrie ne fera pas partie de l’aventure à cause d’une blessure musculaire, la mort dans l’âme, elle laissera ses deux frères Pierre Yves et Benoit effectuer cette ascension sans elle…Elle sera néanmoins remplacée par Fred qui n’avait pas pu faire l’ascension lors d’un stage précédent.

 

MONT-BLANC-074.JPG

                                                Devant la gare du TMB avant le départ

 

Trois autres guides nous avaient rejoints pour l’occasion car l’ascension devant se faire obligatoirement avec un guide pour deux personnes, il fallait donc cinq guides pour notre groupe.  

La première journée de cette ascension consistait à rallier le refuge du Goûter (3817m) via le refuge Tête-Rousse (3167 m), ceci au départ du Nid d’Aigle, soit une dénivelée totale de 1417 m.

Après une heure de TMB, nous sommes arrivés au Nid d’Aigle, à 2 400 m d’altitude. L’ascension vers le refuge de Tête-Rousse s’est passée sans problème, agrémentée par la prise de nombreuses photos de bouquetins, de chaînes de montagne...

 

 

MONT BLANC 101                                                         Arrivée au refuge Tête Rousse 

 

Côté météo, la chance était de notre côté, un soleil magnifique, même si le risque d’orage en soirée restait toujours d’actualité…..Après le déjeuner au refuge de Tête-Rousse, nous avons débuté l’ascension vers le refuge du Goûter, perché 700 m plus haut au dessus de nos têtes.

 

Pour cette ascension délicate, l’encordement est nécessaire, de même le port du casque et des crampons, c’est Bruno, jeune aspirant guide en notre compagnie depuis le début du stage, qui nous a choisi pour faire partie de sa cordée et ainsi nous emmener vers notre destination finale.

 

 

Le couloir du Goûter est connu et redouté par tous les alpinistes à cause  de sa rampe verticale impressionnante de roches et de glace mais aussi et surtout à cause de ses  chutes de pierres incessantes rendant dangereux certains passages et où il peut être fatal de trop s’y attarder !!

Je  comprends désormais le surnom de « couloir de la mort » donné par les alpinistes sur certains passages du couloir du Goûter : nous avons dû quasiment courir pour éviter les nombreuses chutes de pierres à ces endroits !!

Heureusement, nous étions avertis par ceux qui étaient plus haut avant d’avoir en visuel les rochers dévalant à toute vitesse ces passages que nous devions impérativement traverser. Toute collision avec ces rochers, même de petite taille, pouvait s’avérer extrêmement dangereux voir fatal ! Passé ces couloirs, nous avons commencé notre longue progression sur la roche et la glace avec comme voisin l’imposant et magnifique glacier de Bionnassay.

 

MONT BLANC 123

                                                 Photo devant le glacier de Bionnassay 

 

Après 2 heures d’ascension, nous sommes arrivés au refuge du goûter (3817m) où Bruno nous réservait une surprise de taille : en attendant l’arrivée des autres cordées du groupe (sur lesquelles nous avions pris une certaine avance), il nous a fait monter sur l’arête située au-dessus du refuge pour nous faire admirer le paysage de l’autre côté du versant escaladé.

Un paysage somptueux et une joie immense de découvrir tous les sommets enneigés, notamment l’Aiguille du Midi, l’Aiguille verte, les grandes Jorasses et tous les glaciers environnants dont le plus proche et le plus imposant : le glacier de Bionnassay.

 

MONT-BLANC-130.JPG

                                                           Aiguille du midi (3842m) 

 

Pour voir le sommet du Mont-Blanc, il faudra encore attendre, masqué qu’il était par le dôme du Gouter…Les autres membres du groupe sont arrivés en même temps que les nuages, ils n’auront pas eu la même chance que nous d’observer ces paysages…..Puis, l’arrivée d’autres cordées s’est poursuivie durant tout l’après midi, le mal de montagnes à cette altitude commençait déjà à faire des ravages, y compris sur certains membres de notre groupe.

Pour ma part, de légers maux de tête et une sensation de compression du cerveau furent les seuls symptômes ressentis à cette altitude à notre arrivée puis plus rien par la suite…

 

 Une longue attente a ensuite commencé, notre arrivée au refuge en début d’après-midi et le mauvais temps qui s’était installé avaient rafraîchi notre enthousiasme et  rendu l’attente du dernier bulletin météo interminable, de ce bulletin dépendait le départ pour l’ascension finale. L’inquiétude a encore augmenté lorsque  la neige s’est mise à tomber en début de soirée...

Le dîner, fixé à 18 heures, était également très attendu et une fois avalé, bon nombre d’alpinistes sont allés se coucher, il était à peine 19 heures !

Avec un réveil prévu à 1 h 30 du matin, il est vrai que le temps de sommeil serait très court !! Après le dîner, le bulletin météo est enfin tombé : beau temps en matinée avec risque d’orage en milieu de journée, puis fortes dégradations pour le week-end….Nous sommes allés nous coucher confiants, nous pouvions « à priori » entreprendre l’ascension !

 

Je me suis couché à 21 heures mais impossible de m’endormir, autant par le fait de l’excitation que par le « décalage horaire » imposé….

 

 

 

Vendredi 26 juin

 

Réveil à 1h15 soit 15 minutes avant le réveil « officiel », malgré des boules quies « vissées » dans les oreilles je n’ai finalement dormi que deux heures, réveillé par une grosse activité dans le refuge, certains étaient déjà prêts à partir !

Un petit déjeuner rapide et nous voilà déjà à l’extérieur où une bonne surprise nous attend: un ciel entièrement étoilé avec cependant quelques éclairs, provoquant une inquiétude légitime de nos guides.

Frontales allumées, encordement effectué et piolet en main (j’ai failli l’oublier !!), l’ascension débute à 2 h 25 avec un mélange d’excitation et d’interrogations car des éclairs illuminent les glaciers environnants, le tout sur fond d’embouteillage dû aux différentes cordées qui démarraient comme nous leur marche vers l’objectif final, le sommet du Mont Blanc.

 

 

Le début de l’ascension est très lent, je mets cela sur le compte de l’échauffement musculaire mais nous ralentissons au fur et à mesure de notre progression !

En cause, les cordées qui nous avaient précédés au départ du refuge et qui avancent de plus en plus lentement….Notre guide se rend compte de notre impatience puis de notre agacement (nous n’avançons presque plus et le froid commence à nous envahir), il décide alors de doubler en sortant de la seule trace existante, entreprise très périlleuse au regard de la pente mais nécessaire pour notre « confort » de montée.

Malgré cette difficulté, nous réussissons  à dépasser ces cordées pour ainsi reprendre une progression « normale ». Nous atteignons le dôme du Goûter (4260m) après 450 m de dénivelé en un peu moins de 2h, notre  moral et notre état physique sont intacts, nous savourons ces instants, d’autant plus que le temps ne se dégrade pas, au contraire, les éclairs semblent diminuer d’intensité…

Nous poursuivons la montée, nous arrivons à l’abri Vallot (4362m) où nous faisons une pause café, nous sommes pressés de poursuivre, d’autant plus que les éclairs ont disparu, les premières lueurs du jour nous laissent apercevoir des paysages glaciaires sublimes…..

 

 

MONT-BLANC-150.JPGLe soleil va se lever, nous laissant découvrir cette mer de nuages ou seuls les sommets de plus de 4000 m émergent !

 

La pause effectuée, nous reprenons notre ascension avec en point de mire la lueur des lampes frontales d’une cordée, la seule qui nous devance d’ailleurs. La vitesse de progression ralentit car la pente s’élève, les 450 derniers mètres sont vraiment les plus difficiles à cause de ces pentes à fort pourcentage, mais aussi par la raréfaction de l’oxygène due à l’altitude…

Le temps passe, le jour se lève, les étoiles s’estompent et laissent place à un beau ciel bleu, toutes les montagnes sont désormais visibles et nous sommes au-dessus d’une immense mer de nuages !

Le sommet est tout proche, une immense émotion m’envahit avant de l’atteindre, c’est un mélange de fierté et de bonheur incroyable.

La pente est tellement importante que nous nous rendrons compte de notre arrivée au sommet qu’au dernier moment. Nous arrivons finalement sur un « plateau » de quelques dizaines de mètres, çà y est ! Nous réalisons que nous sommes au sommet car d’un seul coup on découvre tout ce qui se cachait derrière « ce mur » que nous grimpions depuis plus de trois heures maintenant :

Un impressionnant 360° de montagnes baignant dans un océan de nuages !

 

Il est 5 h 35, le soleil va bientôt se lever et nous allons être les témoins de ce spectacle féerique …..QUE DU BONHEUR !!!

 

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                                                  Au sommet du Mont Blanc (4810m)

 

Je mitraille le paysage avec mon appareil photo, c’est tellement beau ! Il n’y a qu’une seule cordée avec nous au sommet et nous en profitons pour poser avec notre guide devant chaque paysage proposé par ce début  de journée historique pour nous !!

Mes pensées se bousculent, je veux profiter au maximum de ces instants en les immortalisant par des photos, mais je veux aussi en prendre « plein les yeux ». Je tourne autour de moi-même plusieurs fois afin de tout photographier comme pour imprimer et ne rien oublier de ce que je contemple car il s’agit bien là d’une contemplation…

Je pense à toute ma famille endormie en bas, sous les nuages. A tous ceux qui dorment paisiblement et pour qui le 26 juin 2009 ne sera qu’un jour comme un autre, alors que pour moi il restera historique ! Et pour l’attester, quoi de mieux qu’une photo de la montre de mon frère Armand qui indique l’heure, 5h35 et surtout l’altitude :

4 810 m quelle précision !!! Jamais sa montre n’aura été aussi précise !

 

 

 

Le temps passe, il ne faut surtout pas rater le lever du soleil ; les premiers rayons arrivent enfin, je prends plusieurs photos à la suite pour immortaliser les lumières qui changent au gré des nuages et des montagnes environnantes, c’est sublime !

 

Notre guide nous sort, mon frère et moi, de notre rêve éveillé en nous montrant quelque chose de curieux à l’ouest : une ombre se projette au loin sur le paysage encore sombre d’une mer de nuages, il nous demande alors d’où vient cette ombre. Il s’agit bien sûr de l’ombre du Mont-Blanc projetée sur le « décor » grâce au soleil ! Vite une photo, c’est la cerise sur le gâteau !

 

MONT-BLANC-179.JPG

                                            L'ombre du Mont Blanc sur une mer de nuages

 

Je poursuis le mitraillage, Le Mont Blanc de Courmayeur, celui du Tamul, Le Mont Maudit, l’aiguille Verte, les Grandes Jorasses, l’Aiguille du Midi bien sûr qui parait bien basse, 1000 mètres en dessous…

 

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                                            au fond, l'aiguille Verte, les Droites, les Courtes

 

Tiens une  cordée arrive, ce sont nos potes du stage Julien et Fred avec leur guide ! Ils surgissent de nulle part, lorsque l’on regarde d’où ils arrivent, on ne voit pas le bout du parcours, comme une impression de chemin de neige infini qui va se perdre dans le ciel tant la pente est raide avant ce fameux « plateau ». Ils sont comme nous, euphoriques, et il y a de quoi l’être ! On s’embrasse, on se félicite, on partage ce bonheur, on se prend en photo…Nous savons que d’autres cordées vont bientôt arriver, cela fait plus de 20 minutes que nous sommes au sommet, il va falloir laisser la place…. Le froid commence d’ailleurs à nous rappeler que sous des températures inférieures à -5°C (estimée à -8°/-10°C par notre guide) on ne peut rester trop longtemps sans « bouger » : sensation de froid renforcée d’ailleurs par l’humidité corporelle de notre transpiration lors de l’ascension.

 

Un dernier tour d’horizon, le soleil illumine désormais le paysage, les couleurs flamboyantes du lever ont laissé place à un jaune éblouissant. Nous profitons une dernière fois de ce décor somptueux puis il faut bien redescendre….la mort dans l’âme !!

 

 

Je n’ai jamais aimé redescendre lorsque je suis sur un sommet, mais là c’est encore pire : je dois descendre de mon nuage, ou plutôt descendre  du ciel ….

Nous effectuons notre descente en coupant tous les lacets de la montée, les crampons nous permettent de descendre des pentes vertigineuses de neige et de glace, la technique apprise lors du stage est ici d’une très grande utilité.

 

Une halte à l’abri Vallot, 400 m plus bas, le temps pour nous de reprendre des forces, boire un café et prendre encore et toujours des photos. On se rend vraiment compte de ce que nos avons avalé en dénivelé lors de la descente, ce qui la rend toujours difficile d’ailleurs car à la fatigue de toute l’ascension vient s’ajouter la déception de quitter ces lieux magnifiques !

 

MONT-BLANC-199.JPG

                          Abri Vallot avec au fond perdue au milieu des nuages, l'Aiguille du midi... 

 

Nous voilà revenus au refuge du Goûter, le temps pour nous de prendre un rafraîchissement et commenter nos impressions de là-haut en parlant déjà au passé….

Nous voyons quelques alpinistes mal en point et couchés sur les tables, ils ont le MAM (Mal Aigu des Montagnes), pour eux, le rêve s’est brisé, il faut qu’ils redescendent, un hélicoptère viendra d’ailleurs en chercher quelques uns directement au refuge…

Nous devons désormais affronter la descente du couloir du Goûter, mon frère Armand pestera pendant toute cette terrible descente oh combien dangereuse…..

Faire face à la pente, faire attention aux rochers et à la glace, ne pas trébucher car avec les crampons cela pourrait être dramatique : on mesure à quel point l’encordement est important…. Après de longues heures de descente, il faut repasser par les couloirs où les rochers continuent de dégringoler, l’arrivée au refuge de Tête Rousse sera très appréciée de tous !

Nous y partagerons avec nos guides et autre compagnons un déjeuner rapide mais bien mérité, la descente  doit cependant se poursuivre, les nuages commencent à menacer…

 

 Nous atteignons la gare du TMB après avoir au préalable descendu en glissades parfois  « incontrôlées » les pentes du glacier du Bionnassay, au total ce seront plus de 2 500 m de dénivelée descendus depuis le sommet du Mont Blanc.

Peu avant la gare du TMB, un bouquetin s’était laissé approcher et prendre en photo comme pour nous dire au revoir et à bientôt !

 

MONT-BLANC-220.JPG

                                                         Pas sauvage le bouquetin ! 

 

 

La gare du TMB, la fin de la descente, la fin de l’aventure, la fin du rêve….une photo de groupe comme pour sceller une amitié et une complicité de six jours avec nos compagnons et guides...

 

 MONT-BLANC-225.JPG

                                        avant la descente sur St Gervais et le retour sur terre !

 

 

J’apprécie la présence de Cécile, qui est montée au terminus du TMB pour nous féliciter, elle qui n’a pas pu réaliser ce rêve auquel nous aspirions tous, à cause d’une blessure musculaire.

 

Finalement nous ne serons que six sur les dix de notre groupe de départ à réussir l’ascension.

 

 

Epilogue

 

L’attente du départ du tramway me permettra de contacter ma petite femme pour lui faire part de mes impressions. Je sens au travers de sa voix qu’elle est très émue et fière de moi, je sens aussi un soulagement de me parler et de savoir que je reviens intact et sans bobos…..

Le temps se dégrade, il commence à pleuvoir, nous mesurons à quel point nous avons eu de la chance côté météo !

Après une heure de descente à bord du TMB, nous retrouvons tout le groupe et quelques membres de leur famille à St Gervais autour d’un verre, ceux qui non pas pu atteindre le sommet nous félicitent, chacun raconte « sa propre histoire ».

Nous recevons de la part de nos guides respectifs un « diplôme » nominatif attestant de notre réussite. Echange d’adresses mails, promesses d’envois de photos avec nos compagnons puis c’est le retour à la vie «normale » avec des images et des souvenirs plein la tête !

 

La vie est faite de rêves et d’objectifs, que l’on se fixe  à court, moyen ou long terme….

 

 

 

Ce rêve là est devenu réalité le 26 juin 2009 à 5h35, il m’aura fallu attendre 44 ans pour le réaliser mais cela valait bien la peine d’attendre !

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